Féminisme et handicap : luttes contre le validisme – Mélina Germes

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L’article paru sur le site de la revue Ballast.

Qu’est-ce que le validisme ?

Le validisme ou capacitisme désigne une forme de domination envers les personnes handicapées. Au-delà de l’archétype du « handicapé », le terme personnes handicapées (ou handi·es) inclut ici les malades chroniques, personnes aveugles, sourdes, neuroatypiques, neurodivergentes, dismorphiques… sans distinction de diagnostic. Le validisme est l’idéologie selon laquelle la norme de l’existence humaine est l’absence de maladie et d’infirmité. La capacité à être productif·ve est la condition pour mériter de (bien) vivre[1].

Les enseignements et pratiques médicales sont centraux dans la catégorisation et la (dé)valorisation des existences handies. La médecine occidentale s’est donnée pour but de réparer les corps (et esprits) qu’elle considère comme défaillants, avec la finalité de leur (re)mise au travail. En même temps, les fictions et discours bienveillants parent les personnes handi·es de vertus exceptionnelles, parmi lesquelles le courage d’exister, les valorisant en tant que sources d’inspiration pour les personnes valides.

Le validisme est, comme toute oppression, à double tranchant : il peut se faire bienveillant, tout en conservant son pouvoir de nuire. Cette notion révèle le caractère socialement et historiquement construit de l’assignation des handi·es à une condition dominée. Continuer la lecture de Féminisme et handicap : luttes contre le validisme – Mélina Germes

Ne nous pleurez pas – Jim Sinclair

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Le texte original en anglais : Don’t mourn for us

Cet article a été publié dans la lettre d’information de Autism Network International : Our Voice, Volume 1, Number 3 en 1993.
Jim Sinclair reprend les grandes lignes d’une conférence sur l’autisme qu’il donna en 1993 à Toronto et s’adresse en priorité aux parents des personnes autistes.
Avec cet article, Jim Sinclair devient une des premières personnes concernées à adopter une position militante qui ouvre la voie pour le mouvement des droits des autistes et leur autodétermination. Continuer la lecture de Ne nous pleurez pas – Jim Sinclair

Folie et politique – H.K. et Cécile Kiefer

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L’article Cofor moderne sur CQFD
L’article « Messies de tous les pays… » sur CQFD

Cofor moderne
Un lieu pour s’outiller face à l’adversité

Par H.K.

En matière d’accompagnement des personnes souffrant de troubles psychiques, l’heure est au changement de paradigme. Au Centre de formation au rétablissement (Cofor), à Marseille, ce sont les primo-concerné·es qui échangent autour de nouvelles pratiques répondant à leurs besoins, chacun·e apprenant des connaissances des autres. Tour d’horizon.

*

A l’époque de mes hospitalisations, au début des années 2000, la psychiatrie publique ne débordait pas d’imagination. Les interlocuteurs potentiels étaient facilement identifiables mais jamais disponibles, le médicament se chargeait de vous rendre gérable par l’institution, les ateliers proposés devaient mollement vous occuper la semaine, le circuit de soins à la sortie était bien balisé. De l’atelier animé par le pharmacien du Centre médico-psychologique (CMP) aux séances de visionnage de VHS avec les mamies à l’hôpital de jour, l’ennui prédominait. Ça ne débordait pas d’enjeux. Continuer la lecture de Folie et politique – H.K. et Cécile Kiefer

Junkie communism – M.E. O’Brien

Lire le texte en Anglais sur Commune
Lire le texte en Français sur Agitations
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Cette traduction [par l’équipe du blog Agitations] d’un texte de M.E. O’Brien, écrivaine et rédactrice du magazine communiste queer Pinko, invite à repenser la question de la drogue et plus globalement la place du « lumpenprolétariat » dans le mouvement ouvrier traditionnel. Plutôt que de considérer l’addiction aux stupéfiants comme un coup du hasard ou un échec personnel qu’on réparerait en intégrant ces personnes à un mouvement ouvrier clamant haut et fort les bienfaits du travail, il s’agit d’y voir un phénomène social qui met en exergue les lignes de fracture propres à la société de classes. Ces parcours rompus et difficilement intégrables dans les schémas classiques de l’imaginaire ouvrier, qu’il s’agisse de personnes transgenres et travailleur·ses de sexe, ou de chômeur·ses de longue durée, témoignent d‘une nécessité de repenser le cœur même du projet communiste, aussi bien que notre approche de la santé et en particulier de l‘usage de drogues. Continuer la lecture de Junkie communism – M.E. O’Brien

Contre la toxicophobie – Toxicophobie, mon amour & Savoir des usagers : de quoi parle-t’on ?

Lire Toxicophobie, mon amour sur paris-luttes.info
Lire Savoir des usagers : de quoi parle-t’on ? sur Vacarme
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Toxicophobie, mon amour…

Anonyme – paris-luttes.info – Avril 2017

Ce texte, rédigé par un héroïnomane, est né de la frustration, de la colère, de la peine de voir les toxicos invisiblisé·es au quotidien dans les milieux politisés comme partout ailleurs. L’auteur souhaite dénoncer la toxicophobie généralisée pour que chacun·e puisse déconstruire ses a priori et laisser de la place à celleux que la société a mis de côté. Publié à l’origine sur Brest-medias-libres (aujourd’hui bourrasque-info.org), il s’agit ici de l’article – légèrement modifié – publié 14 avril 2017 sur Paris-luttes.info.

Je n’ai pas vraiment écrit ce texte pour faire de la pédagogie, ça, ça viendra peut-être plus tard. Je n’ai pas écrit ce texte pour accuser qui que ce soit car, de toute façon, il est trop tard pour d’hypothétiques excuses qui ne serviraient à rien. J’ai écrit ce texte car il m’est apparu comme le seul espace dans lequel je pourrais m’exprimer librement, pour crever cet abcès que vous ignorez mais qui nous étouffe. Je parle de ce que je vis, de ce que je connais, je n’ai pas vocation à représenter un groupe homogène. Chaque personne, chaque produit, chaque parcours est unique. Mais la toxicophobie, elle, s’applique à nous toustes, les toxicos. Et elle s’exprime à travers vous. Continuer la lecture de Contre la toxicophobie – Toxicophobie, mon amour & Savoir des usagers : de quoi parle-t’on ?

Invisible pénibilité du travail féminin – Cécile Andrzejewski

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Texte et photos sur le site du monde diplomatique

Texte de la brochure :

Quand elle a appris qu’elle devait arrêter de travailler, Mme Béatrice Boulanger, aide à domicile, en a pleuré : « Je les aimais bien, mes mamies et mes papys », explique-t-elle en souriant. En ce samedi matin ensoleillé, dans le Pas-de-Calais, elle a d’abord pris le temps de servir le thé, qu’elle touille en énumérant ses soucis : une prothèse d’épaule, de l’omarthrose (usure du cartilage de l’articulation de l’épaule), un rétrécissement du rachis cervical, de l’arthrose cervicale et une rhizarthrose (arthrose de la base du pouce). « Tous mes problèmes de santé viennent des charges que j’ai dû soulever, c’est le chirurgien qui me l’a dit. » Le praticien lui a également confié qu’elle avait « un corps de vieillard », à 52 ans. Continuer la lecture de Invisible pénibilité du travail féminin – Cécile Andrzejewski

Cancer : l’art de ne pas regarder une épidémie – Célia Izoard

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Lien vers le texte sur le site de Terrestres

Texte de la brochure :

Voilà un fait étonnant : on ne sait pas combien de cancers surviennent en France chaque année. Ce chiffre n’existe pas, il n’a pas été produit. On ne sait pas exactement combien de cancers surviennent, on ne sait pas où ils surviennent. Quand Santé publique France, l’agence de veille sanitaire, annonce, par exemple, 346 000 cas de cancers pour l’année 2015, il s’agit d’une estimation réalisée à partir des registres des cancers, qui couvrent entre 19 et 22 départements selon le cancer étudié, soit 22 % de la population. « Cette méthodologie, précise le dernier bilan publié en 2019, repose sur l’hypothèse que la zone géographique constituée par les registres est représentative de la France métropolitaine en termes d’incidence des cancers[1] Continuer la lecture de Cancer : l’art de ne pas regarder une épidémie – Célia Izoard

« C’était le système de santé qui nous rendait malades » – Claire Richard

Lien vers la brochure en pdf : C’était le système qui nous rendait malades

Lire le texte sur le site de Panthère Première

Texte de la brochure :

Dans les années 1970 aux États-Unis, le mouvement révolutionnaire des Young Lords investit le champ de la santé, révélateur par excellence des inégalités sociales et raciales. De dépistage sauvage en occupations de services hospitaliers, cet équivalent latino des Black Panthers développe une conception communautaire du soin tout en faisant fléchir les politiques publiques.

*

Juillet 1970, South Bronx, New York, 5 h 30 du matin. L’hôpital Lincoln fonctionne au ralenti. Soudain, un camion entre et se gare devant la Nurse’s Residence, un bâtiment administratif. Les portes arrière s’ouvrent et des dizaines de jeunes gens en descendent. Ils et elles ne portent pas de blouses blanches : ce sont des militant·es des Young Lords, un mouvement « nationaliste révolutionnaire » portoricain inspiré des Black Panthers. Sont venu·es avec elleux quelques travailleur·euses de santé et internes engagé·es. Très vite, sans rencontrer d’obstacles, elles et ils prennent le contrôle du bâtiment. Quelques heures plus tard, une conférence de presse est organisée pour annoncer la nouvelle : les Young Lords, un parti ayant moins d’un an d’existence, occupe l’un des principaux hôpitaux du Bronx[1].

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Ni una menos et la révolution « des filles » – Andrea D’Atri

 

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Texte de la brochure :

De l’Islande au Brésil en passant par la Pologne et les Etats-Unis, c’est une nouvelle vague féministe de portée globale qui est en train de secouer la planète. Et elle vient du Sud.

Andrea D’Atri est membre de la direction nationale du Parti des Travailleurs Socialistes d’Argentine et l’une des principales animatrices du collectif féministe socialiste révolutionnaire Pan y Rosas qui participe à cette nouvelle vague féministe internationale, partie des rues de Buenos Aires et des principales villes du pays. Continuer la lecture de Ni una menos et la révolution « des filles » – Andrea D’Atri

Sorcières, sage-femmes et infirmières – B. Ehrenreich & D. English

Sorcières, sage-femmes et infirmières

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Texte de la brochure :

Avant-propos

Le texte suivant a été publié pour la première fois en 1973, et le travail de traduction a été réalisé en 1978.

Nous avons repris quelques points de cette traduction – féminisation, correction de certains passages par rapport au texte original – mais nous avons sciemment conservé certains termes ou concepts datés dont le changement nous aurait semblé altérer le sens du texte original. Ainsi, la notion de séparation des sexes présente dans le texte n’a pas toujours été remplacée par la notion de genre, car cela aurait amené plus qu’un simple changement de vocabulaire. Nous sommes conscient·es de ces aspects problématiques du texte original, mais nous avons souhaité en proposer une traduction et non une adaptation, dans une optique historique.

Il existe une adaptation proposée par les éditions Cambourakis.

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