Intersectionnalité et antisémitisme. Une nouvelle approche – Karin Stögner

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Le texte sur le site Golema.net

Publié initialement sur fathomjournal.com en mai 2020
Traduit de l’anglais par Julien Chanet pour golema.net

Dans cet essai important, Karin Stögner explique pourquoi l’influente théorie de l’ « intersectionnalité » omet si souvent d’inclure l’antisémitisme globalisé et propose une ré-élaboration du concept d’intersectionnalité influencée par la première génération de l’École de Francfort qui cherche à intégrer l’antisémitisme en tant qu’oppression spécifique et tente de cerner son articulation avec d’autres formes de domination. L’approche innovante de Stögner permet de dégager des pistes pour un renouveau du militantisme anti-raciste et féministe qui incorporerait l’antisémitisme à son champ de préoccupations.

Le concept d’intersectionnalité est un instrument analytique permettant de comprendre de manière critique le caractère multidimensionnel des rapports de pouvoir. Il est apparu pour la première fois dans les années 1970, lors des débats autour du féminisme noir et a marqué le début d’une lutte intersectionnelle, c’est-à-dire d’une lutte sur deux fronts : contre le sexisme au sein du mouvement des droits civiques et contre le racisme au sein du mouvement féministe. À cet égard, l’intersectionnalité a toujours été à la fois un concept analytique et une pratique politique. Continuer la lecture de Intersectionnalité et antisémitisme. Une nouvelle approche – Karin Stögner

Le non-sujet de l’antisémitisme à gauche – Camilla Brenni, Memphis Krickeberg, Léa Nicolas-Teboul & Zacharias Zoubir


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Lire le texte sur le site de la revue Vacarme

L’antisémitisme ne fait pas à proprement parler partie des fractures de la gauche radicale. Les positionnements sur cette question varient peu d’une organisation de gauche à l’autre. Au contraire, celles-ci ont souvent en partage un désinvestissement de ce thème perçu comme secondaire voire négligeable, relativement à d’autres formes de racialisation. Plutôt qu’une fracture, c’est donc davantage un silence qu’il s’agit d’interroger ici, en plaidant pour une critique radicale de l’antisémitisme à l’heure où celui-ci a des effets pratiques et idéologiques jusque dans les formes que prennent certaines luttes sociales.

Pour nombre d’organisations de la gauche radicale et de l’antiracisme français, l’antisémitisme contemporain n’est pas une question. Plus précisément, les pratiques et les discours qui ciblent des (supposés) juifs tenus pour responsables de maux politiques, économiques ou sociaux n’attirent souvent l’attention que dans la mesure où cet antisémitisme est instrumentalisé par des politiciens ou intellectuels réactionnaires. Continuer la lecture de Le non-sujet de l’antisémitisme à gauche – Camilla Brenni, Memphis Krickeberg, Léa Nicolas-Teboul & Zacharias Zoubir

Éliminer la classe, la caste et l’indigénéité dans l’Inde maoïste – Alpa Shah

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L’article sur la revue Terrain

Si la coopération consiste à travailler ou agir ensemble en vue d’un objectif ou d’un bénéfice commun, cela en fait la base de toute société – de toute relation humaine. Même le régime le plus répressif ne peut fonctionner que grâce à la coopération de ceux qui le subissent ; et même les sociétés et les économies les plus compétitives dépendent de la coopération de ceux qui y participent. Que les relations qui les structurent soient hiérarchiques ou égalitaires, qu’elles soient fondées sur la parenté ou sur l’État, les sociétés ont besoin de coopération pour fonctionner. La sociabilité humaine, partout où elle existe, est essentiellement une question de coopération. Continuer la lecture de Éliminer la classe, la caste et l’indigénéité dans l’Inde maoïste – Alpa Shah

Ni les femmes, ni la terre ! – Marine Allard, Lucie Assemat et Coline Dhaussy

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« Ni les femmes ni la terre » est un film documentaire réalisé par les autrices de ce texte sorti en 2018. En Argentine et en Bolivie, ces femmes des favelas combattent pour le droit à disposer de leur corps. Elles luttent contre les violences faites aux femmes et pour un changement de cap des modèles économiques capitalistes.

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Nous sommes trois jeunes femmes françaises impliquées dans un projet documentaire sur les initiatives féministes et altermondialistes en Amérique latine. Nous venons d’horizons variés : milieu de l’audiovisuel et de l’art, sociologie du genre et militance féministe, travail social spécialisé dans les violences de genre. Continuer la lecture de Ni les femmes, ni la terre ! – Marine Allard, Lucie Assemat et Coline Dhaussy

“Blackness à la demande” – Franck Freitas-Ekué

Le texte sur le site de la revue Volume !
La brochure en pdf page par page : Blackness à la demande
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« Les industries culturelles ont en effet le pouvoir de réélaborer et de refaçonner ce qu’elles représentent et, à force de répétition et de sélection, d’imposer et d’implanter des définitions de nous-mêmes qui correspondent plus facilement aux descriptions de la culture dominante ou hégémonique. »
Stuart Hall

« Yeah, and I don’t have to go to Hollywood ‘Cause Hollywood come through my neighborhood with cameras on I really think they’re stealin from us like a sample song »
Lil’ Wayne[1]

Au cours de leur embrigadement dans une milice armée, il était de coutume que les enfants-soldats (entre autres de Sierra Léone ou de la République du Congo[2]) adoptent un nouveau nom de guerre, marquant une rupture définitive avec leur expérience civile. Les surnoms sélectionnés par les jeunes recrues symbolisaient non seulement les traits de caractère qu’ils voulaient voir transparaître de leur personnalité mais désignaient également le type de représentations auxquelles ils s’associaient (Wessels, 2007 : 82-84). Les noms de personnages hollywoodiens comme Rambo ou Terminator côtoyaient ceux de certains rappeurs américains comme 2pac ou 50 Cent. Continuer la lecture de “Blackness à la demande” – Franck Freitas-Ekué

Que répondre à celles et ceux que gêne le mot race ? – Sarah Mazouz

Lire le texte sur le site Les mots sont importants (lmsi.net)
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Les races n’existent pas : bien-sûr ! Faut-il donc renoncer au mot ? Sarah Mazouz répond par la négative, car si les races n’existent pas, les manifestations du racisme sont toujours là, et partout : inégalités et préjugés, commentateurs d’extrême-droite invités sur les grandes chaînes télé, petites blagues du quotidien, violences physiques et symboliques, et plus largement encore une discrimination massive au travail, au logement, et dans toutes les sphères de la vie sociale. Avec pédagogie, l’auteure explique l’importance du mot « Race », et pourquoi il peut et doit être utilisé dans un tout autre sens que son acception raciste. Surtout, elle dévoile ce qui se niche derrière le refus obstiné – et prétendument antiraciste – d’utiliser le mot : un déni persistant de parler d’un rapport de pouvoir, doublé d’une ignorance regrettable de la multitude des travaux existants. Parce qu’il est clair, limpide, aussi utile que percutant, nous recommandons vivement la lecture de ce livre, dont voici un extrait Continuer la lecture de Que répondre à celles et ceux que gêne le mot race ? – Sarah Mazouz

Junkie communism – M.E. O’Brien

Lire le texte en Anglais sur Commune
Lire le texte en Français sur Agitations
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Cette traduction [par l’équipe du blog Agitations] d’un texte de M.E. O’Brien, écrivaine et rédactrice du magazine communiste queer Pinko, invite à repenser la question de la drogue et plus globalement la place du « lumpenprolétariat » dans le mouvement ouvrier traditionnel. Plutôt que de considérer l’addiction aux stupéfiants comme un coup du hasard ou un échec personnel qu’on réparerait en intégrant ces personnes à un mouvement ouvrier clamant haut et fort les bienfaits du travail, il s’agit d’y voir un phénomène social qui met en exergue les lignes de fracture propres à la société de classes. Ces parcours rompus et difficilement intégrables dans les schémas classiques de l’imaginaire ouvrier, qu’il s’agisse de personnes transgenres et travailleur·ses de sexe, ou de chômeur·ses de longue durée, témoignent d‘une nécessité de repenser le cœur même du projet communiste, aussi bien que notre approche de la santé et en particulier de l‘usage de drogues. Continuer la lecture de Junkie communism – M.E. O’Brien

Communiqués zapatistes de décembre 2020 – Janvier 2021 sur la venue en Europe d’une délégation zapatiste

Cet article contient les textes et les brochures des six communiqués Zapatistes,
les uns à la suite des autres.
Déroulez l’article pour les fichiers pdf des autres textes.

Sixième partie : une montagne en haute mer

La brochure page à page en pdf
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Le texte sur le site Enlace Zapatista
Le texte sur le site La voie du Jaguar

Texte de la brochure :

Communiqué du Comité clandestin révolutionnaire indigène Commandement général de l’Armée zapatiste de libération nationale

Mexique,
5 octobre 2020,

Au Congrès national indigène-Conseil indigène de gouvernement,
À la Sexta nationale et internationale,
Aux Réseaux de résistance et de rébellion,
Aux personnes honnêtes qui résistent dans tous les coins de la planète,
Sœurs, frères, et adelphes,
Compañeras, compañeros y compañeroas, Continuer la lecture de Communiqués zapatistes de décembre 2020 – Janvier 2021 sur la venue en Europe d’une délégation zapatiste

Luttes d’hier, luttes d’aujourd’hui : conversations avec des féministes révolutionnaires — Charlène Calderaro

Lien vers l’article original sur le site Contretemps.
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Texte de la brochure :

À propos de l’ouvrage : Brenna Bhandar and Rafeef Ziadah (eds.), Revolutionary Feminisms. Conversations on Collective Action and Radical Thought. London, Verso, 2020.

Revolutionary Feminisms compile dix entretiens menés par Brenna Bhandar1 et Rafeef Ziadah2, avec des activistes et universitaires engagées dans les mouvements féministes antiracistes, anticapitalistes, marxistes, queer et anti-carcéraux. Elles ont pour point commun d’avoir toutes participé, dès les années 1960-70, à la construction de mouvements et de théories féministes ancrés dans la résistance anticoloniale, antiraciste et anticapitaliste, principalement au Royaume-Uni, aux États-Unis et au Canada.

Sous forme de conversations, ces pages nous replongent dans l’histoire de la fondation de groupes et d’associations ayant joué un rôle de résistance clé, issues notamment du Black feminism – tels que l’OWAAD (Organisation of Women of African and Asian Descent) ou le Southall Black Sisters – et issues du féminisme marxiste, telle que la campagne Wages for Housework menée aux États-Unis et en Europe pour la reconnaissance du travail domestique.

Les mouvements féministes qu’aborde cet ouvrage ont également pour affinité de s’être formés en résistance à un mouvement féministe blanc et libéral. Brenna Bhandar et Rafeef Ziadah nous rappellent ces mots de Julia Sudbury, évoquant sa préférence pour le terme « womanist » au lieu de « feminist » :

« Le « womanism » est également symbolique de ma responsabilité envers une communauté de militantes noires pour lesquelles le terme « féministe » est associé aux luttes quotidiennes contre l’exclusion raciste des organisations de femmes blanches »3.

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Le Franc CFA : une monnaie sur mesure pour le FMI et la France

Lien vers l’article original sur le site Agitations.net Partie 1, Partie 2.
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Texte de la brochure :

Première partie

Le Franc CFA est une monnaie coloniale. Créée le 25 décembre 1945 par le général De Gaulle, elle est utilisée aujourd’hui dans le but de satisfaire les intérêts financiers français en Afrique. Son existence lamine la souveraineté des États qui l’utilisent et permet à des institutions comme le Fonds Monétaire International (FMI) de soumettre les populations africaines.

Avant le 25 décembre 1945, le franc métropolitain circulait dans la majeure partie de l’empire colonial, même si l’apparence des billets et des pièces différait selon les instituts d’émission. A cette date, le décret numéro 45-0136, signé par le président du gouvernement provisoire, le général de Gaulle, le ministre des Finances René Pleven et le ministre des Colonies Jacques Soustelle, crée le franc des Colonies Françaises du Pacifique (CFP) et le franc des Colonies Françaises d’Afrique (CFA). Le franc CFA est désormais la monnaie de l’Afrique Occidentale Française (AOF, composée de la Mauritanie, du Sénégal, du Soudan français devenu le Mali, de la Guinée, de la Côte d’Ivoire, du Niger, de la Haute-Volta devenue le Burkina Faso, du Dahomey devenu le Bénin et du Togo), de l’Afrique Équatoriale Française (AEF, composée du Gabon, du Moyen-Congo devenu République du Congo, de l’Oubangui-Chari devenu République Centrafricaine et du Tchad), du Cameroun, de la Côte française des Somalis devenue Djibouti, de Madagascar et de la Réunion. Continuer la lecture de Le Franc CFA : une monnaie sur mesure pour le FMI et la France