Ne nous pleurez pas – Jim Sinclair

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Le texte original en anglais : Don’t mourn for us

Cet article a été publié dans la lettre d’information de Autism Network International : Our Voice, Volume 1, Number 3 en 1993.
Jim Sinclair reprend les grandes lignes d’une conférence sur l’autisme qu’il donna en 1993 à Toronto et s’adresse en priorité aux parents des personnes autistes.
Avec cet article, Jim Sinclair devient une des premières personnes concernées à adopter une position militante qui ouvre la voie pour le mouvement des droits des autistes et leur autodétermination. Continuer la lecture de Ne nous pleurez pas – Jim Sinclair

Petite histoire de l’anarchisme chinois – 2/4 – Agathe Senna

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Le texte sur lundi.am
Le site autour de La revanche des femmes par les éditions de l’Asymétrie

Cet article fait suite à la présentation de l’anarchisme chinois que nous avions publiée il y a quelques semaines [disponible sur tarage.noblogs.org – nde]. Cette semaine, Agathe Senna nous présente He-Yin Zhen (1884 – ca. 1920), essayiste et théoricienne féministe et anarchiste.

« En Chine, depuis la nuit des temps et jusqu’à aujourd’hui, c’est un système profondément inégalitaire qui a été instauré, un système de maintien de femmes-esclaves. Depuis les temps les plus reculés, lorsque les hommes posent les yeux sur les femmes, c’est avec le même regard qu’ils contemplent
les esclaves et les servantes »[1] Continuer la lecture de Petite histoire de l’anarchisme chinois – 2/4 – Agathe Senna

Ou peut-être une nuit : retours critiques – Leïla

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Ou peut-être une nuit est un podcast en six épisodes de Charlotte Pudlowski pour Louie Media, paru en 2020.
J’ai commencé à écouter Ou peut-être une nuit après qu’un·e ami·e m’en ait parlé, en me demandant si j’étais concernée par l’inceste. Ce podcast lui avait donné envie de participer à rompre activement le silence, en proposant à son entourage d’en parler. J’arrivais donc avec un à priori positif sur le contenu que j’allais entendre, tout en m’attendant à ce que ce soit difficile émotionnellement. Ça l’a été, mais pas toujours pour les raisons que j’aurais pensé. En effet, si lors des premiers épisodes, ce sont surtout les récits qui étaient douloureux, par moments, c’est le discours porté par le podcast lui-même qui l’a été.

Si je salue le travail réalisé par Charlotte Pudlowski et son équipe, et sa contribution à la déconstruction de la culture de l’inceste, j’ai aussi plusieurs critique à lui porter. Le podcast ayant beaucoup circulé, avec un accueil très positif, il me semble important d’éclairer les quelques endroits où il ne libère pas, mais où il nuit. Continuer la lecture de Ou peut-être une nuit : retours critiques – Leïla

Pour l’abolition de l’enfance – Shulamith Firestone

La page du bouquin chez Tahin Party (avec le pdf en bas de page, avec une super intro)
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Il s’agit d’un chapitre du livre La dialectique du sexe. Il a été publié avec une super introduction (qui parle des mouvements d’enfants et de jeunes), d’autres bouts de chapitres qui permettent de comprendre notamment le complexe d’Œdipe / Electre, et une super biblio chez Tahin party mais c’était un peu long pour le mettre en brochure. Déso.

Tarage

*

À Nechemia, qui sera sortie de l’enfance
avant que cette institution n’ait cessé d’être.

Le langage associe toujours les femmes et les enfants (« les femmes et les enfants d’abord ! »). Chacun connaît les liens particuliers qui les unissent. Je prétends cependant que la nature de ces liens n’est rien de plus que l’expérience commune de l’oppression. Et de plus, qu’ils s’attachent et se renforcent mutuellement, de manière si complexe qu’il nous sera impossible de parler de la libération des femmes sans envisager aussi celle des enfants, et inversement. La cause essentielle de l’asservissement de la femme tient à ce qu’elle a pour rôle de porter et d’élever les enfants. Et les enfants eux-mêmes sont définis en fonction de ce rôle, qui façonne ainsi leur psychologie ; or la manière dont ils deviennent adultes, et dont ils apprennent à nouer des relations sociales, est déterminante pour le monde qu’ils construiront. Continuer la lecture de Pour l’abolition de l’enfance – Shulamith Firestone

Vieillir au féminin – Juliette Rennes

Lien vers le texte sur Le monde diplomatique
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En avril 2016, en Suisse, une octogénaire a demandé — et obtenu — une aide au suicide car, « très coquette » selon son médecin, elle ne supportait pas de vieillir. Un signe du stigmate particulier attaché à l’avancée en âge chez les femmes. En France, deux personnalités se sont emparées de cette question longtemps négligée par les féministes : Benoîte Groult et Thérèse Clerc, toutes deux disparues cette année.

Pourquoi les femmes mentent-elles davantage que les hommes sur leur âge ? Partant de cette question apparemment anodine, Susan Sontag explore en 1972 ce qu’elle appelle le « deux poids, deux mesures de l’avancée en âge[1] ». En matière de séduction, remarque-t-elle, deux modèles masculins coexistent, le « jeune homme » et l’« homme mûr », contre un seul côté féminin : celui de la « jeune femme ». Au point qu’il est admis, notamment dans les classes moyennes et supérieures, qu’une femme dépense une énergie croissante (et, si elle le peut, de l’argent) pour tenter de conserver l’apparence de sa jeunesse. Continuer la lecture de Vieillir au féminin – Juliette Rennes

Des ateliers de confection aux lignes d’assemblage des bébés – Sharmila Rudrappa

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Le texte sur le site Cairn

Mars 2011, au domicile de Sita, Bangalore.[1]

« Moi et ma sœur, nous sommes ouvrières dans la confection. Nos vies, c’est l’enfer, l’enfer. Notre univers est détruit, détruit », déclare Lalitha sur un ton dramatique[2]. Ma première visite à Bangalore, surnommée la Silicon Valley indienne du fait des industries du software qui abondent dans la région, touche alors à sa fin. En ce soir de mars, je suis assise avec une quinzaine d’ouvrières de la confection, sur les marches de la maison de l’une d’entre elles, dans un quartier où les usines textiles sont nombreuses.

Je m’étais rendue à Bangalore pour étudier son positionnement de plus en plus important sur le marché transfrontalier du soin reproductif[3], en particulier celui de la gestation pour autrui (GPA). Deux semaines auparavant, j’avais passé deux semaines dans un foyer tenu par Creative Options for Women (COTW), menant des entretiens avec des mères porteuses[4]. J’y appris que, pour la plupart, les femmes vivant sur place étaient auparavant des ouvrières de la confection. Lancée sur la piste d’une activité postindustrielle et transfrontalière, la GPA, je me retrouvais de manière inattendue devant la sortie de secours d’une activité industrielle : la production textile. La ligne de production de vêtements s’avérait ainsi la voie royale vers la ligne d’assemblage reproductive, via la vente d’ovules et la GPA. Je développerai l’argument que l’histoire de ces femmes ayant décidé de devenir mères porteuses est indissolublement liée à leur statut antérieur de travailleuses salariées, en l’occurrence d’ouvrières de la confection. Continuer la lecture de Des ateliers de confection aux lignes d’assemblage des bébés – Sharmila Rudrappa

Qu’est-ce que l’hétérosexisme – Louis-Georges Tin

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Le texte sur le site Les mots sont importants

Ces réflexions ne sont liées à aucun événement récent, et elles n’ont pas besoin de l’être. L’hétérosexisme en effet, comme tous les modes de pensée dominants, n’a rien d’un événement : il est la norme, l’ordinaire, le quotidien, et c’est sa contestation qui fait événement. Le Dictionnaire de l’homophobie, dont est extrait le texte qui suit, a de ce point de vue constitué un réel événement éditorial. Son coordinateur, Louis-Georges Tin, qui est aussi l’auteur de ce texte, revient donc sur ce mot important, et sur la réalité qu’il nomme.

Le mot ne figure pas encore dans les dictionnaires de langue française. Le concept, pourtant, ne date pas d’aujourd’hui : il figure clairement dans les écrits d’André Gide, c’est en quelque sorte la « pensée straight » dont parlait Monique Wittig, ou encore « la contrainte à l’hétérosexualité » que critiquait Adrienne Rich. Il apparaît en filigrane dans les termes « hétéroflics » ou « héterroristes » dont se servaient les militants du FHAR[1] et de la libération sexuelle, et le mot fut même quelques fois prononcé à cette époque, mais il n’avait guère jusqu’alors d’existence publique, du moins en France.

Or, ces dernières années, lors des débats et réflexions autour du PACS, le mot et le concept ont plus d’une fois été sollicités, relayés en outre par les termes hétérocentrisme et hétéronormativité, et cet usage a pu susciter des réserves, si ce n’est des critiques : à l’évidence, dans la mesure où elle oblige à repenser les dispositifs théoriques et pratiques de la domination sexuelle, cette notion est à la fois capitale et problématique. Continuer la lecture de Qu’est-ce que l’hétérosexisme – Louis-Georges Tin

A propos d’autonomie, d’amitié sexuelle et d’hétérosexualité, partie 3 – Corinne Monnet

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Texte de la brochure :

Amour et hétérosexualité.
Point de vue féministe

Durant cette première partie, j’ai surtout retracé mes ressentis et réflexions avant que je ne sois féministe. C’est pour cette raison que j’ai parlé de l’amour de façon indifférenciée par rapport au genre, et aussi par rapport à l’orientation sexuelle.

Je vais maintenant essayer de montrer en quoi mon féminisme m’a confortée et soutenue dans mon projet de vie non-monogame et dans mon questionnement au sujet de la fonction de l’amour. Cette partie portera explicitement sur les relations hétérosexuelles, que les femmes et les hommes impliquées soient bisexuelles ou hétérosexuelles. Aussi, je n’y parlerai donc que de mon versant hétérosexuel. Continuer la lecture de A propos d’autonomie, d’amitié sexuelle et d’hétérosexualité, partie 3 – Corinne Monnet

A propos d’autonomie, d’amitié sexuelle et d’hétérosexualité, partie 2 – Corinne Monnet

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Texte de la brochure :

Présentation du cadre
de la non-monogamie responsable

Lors de mon cheminement pour vivre d’autres possibles que le couple exclusif, je me suis heurtée à une grande solitude. Partager, échanger avec les autres sur ce sujet était souvent impossible. J’avais tantôt droit aux opinions les plus banales du style « si tu n’es pas fidèle, c’est que tu n’as pas rencontré l’homme qu’il te fallait », tantôt à des moins courues mais qui ne disaient qu’une seule chose finalement, que je me prenais vraiment trop la tête et que mes désirs, bien que chouettes, étaient irréalisables. Quelques rares personnes étaient d’accord sur les principes, mais ne le vivaient pas, ce qui ne pouvait m’être d’une grande aide. Quand on sait combien dans cette pratique on a affaire justement à des affects les plus profonds et les plus difficiles à changer (sentiment d’insécurité, jalousie, manque de confiance en soi, désir de fusion…), l’accord seulement théorique semble bien creux. Ramer à contrecourant est très difficile, mais quand on n’a aucun soutien de l’entourage proche (hormis celles/ceux avec qui l’on vit ces relations non exclusives bien sûr) et qu’on ne trouve dans les publications existantes ni modèle, ni encouragements, reflets ou analyses pouvant nous soutenir dans notre démarche, ça devient bien insupportable. Constamment j’ai remis en cause mes choix et je n’ai cessé de me demander si les autres n’avaient pas finalement raison. Comme si le couple et l’affectif étaient des limites infranchissables et intouchables. Continuer la lecture de A propos d’autonomie, d’amitié sexuelle et d’hétérosexualité, partie 2 – Corinne Monnet

A propos d’autonomie, d’amitié sexuelle et d’hétérosexualité, partie 1 – Corinne Monnet

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Texte de la brochure :

 

« La société dans laquelle nous vivons est un processus, et cela est vrai de toutes les sociétés, même de celles qui essayent de résister au changement. Une partie importante de la fonction du gouvernement consiste à tenter d’inhiber le processus de changement dans notre société. Mais le changement est possible et nécessaire (il est, en effet, inévitable), quelle qu’en soit l’étendue que nous puissions présentement réaliser. Nous accroissons la viabilité de la révolution en vivant maintenant en accord avec les principes anarchistes et féministes, quelle que soit notre situation environnante.
Vivre la révolution est, je crois, la phrase clef. »

Lisa Bendall,
« Anarchism and Feminism »
dans Feminism, Anarchism, Women. The Raven 21, janvier/mars 1993, Londres, Freedom Press.

En guise d’introduction à ce texte, je souhaite éclaircir quelques points afin de ne pas avoir à revenir dessus tout au long. Ce texte est un texte personnel dans le sens que j’y parle de ma façon de vivre mon féminisme et mon anarchisme dans la sphère relationnelle et affective. Ce n’est heureusement pas la seule façon de les vivre. Continuer la lecture de A propos d’autonomie, d’amitié sexuelle et d’hétérosexualité, partie 1 – Corinne Monnet