Autodéfense et sécurité – Elsa Dorlin

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Lire le lyber sur le site des éditions Zones

Texte de la brochure :

Safe!

Dès la fin des années soixante aux États-Unis, dans un contexte où la mobilisation des minorités raciales et sexuelles est à son acmé, les Black Panthers font « école ». En juin 1969, les révoltes de Stonewall marquent un tournant quant à la libération homosexuelle et trans, en écho aux mouvements de libération des femmes, antiracistes et anti-impérialistes. Pour l’ensemble de ces mouvements, c’est l’État et sa police qui assassinent. Dès 1965, à San Francisco, les militants LGBTQ organisent la résistance contre les persécutions policières des minorités sexuelles. Au début des années soixante-dix, le Gay Liberation Front (GLF)[1] participe à de nombreuses actions avec ou en soutien du Black Panthers Party : l’articulation des luttes anticapitaliste, antiraciste et antipatriarcale est alors l’un des piliers de l’analyse politique de nombre de mouvements coalisés. « Nos oppresseurs les plus immédiats sont les flics (…). Chaque vie homosexuelle vit dans la peur des flics, sauf quand nous commençons à contre-attaquer[2] » Des mouvements comme le Third World Gay Revolution (TWGR), the Combahee River Collective, par exemple, maintiendront cette ligne, même à contre-courant. Au début de l’année 1979, alors qu’une dizaine de femmes noires ont été assassinées en quelques mois, le Combahee River Collective[3] publie une brochure 6, 7, 8… Eleven Black Women. Why Did They Die?[4]. Refusant la rhétorique d’un recours à plus de protection policière ou patriarcale, le collectif retraduit la question de la sécurité en « autoprotection », appréhendant le sexisme et le racisme non pas comme deux rapports de domination additionnés (comme si l’un et l’autre s’ajoutaient, constituaient une « double » discrimination), mais comme un seul et même dispositif d’exposition maximale au risque de mort. Cette brochure est un véritable manifeste d’autodéfense qui explicite les ressources, les techniques, corporelles, personnelles, urbaines et politiques, qui permettent d’apprendre à se protéger soi-même.

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J’espère qu’on choisira l’amour – Kai Cheng

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Le texte sur le site Transgrrrl

Le texte original sur Medium

« Tu as le droit de raconter ton histoire […] Tu n’as pas le droit de traumatiser des personnes abusives, de les attaquer publiquement, ni de saboter la santé de quiconque. Les comportements abusifs sont aussi des réactions de survie, des comportements appris enracinés dans la douleur. Si tu es la personne abusée, guérir cette douleur n’est pas de ta responsabilité mais exacerber cette souffrance n’est pas ton juste droit. »

Emergent Strategy, adrienne maree brown

Je ne crois pas vraiment en la justice. Et j’entends aussi par-là les notions de responsabilité, de justice restauratrice, de justice transformatrice et la plupart des concepts qui ont pris d’assaut la « culture » de la justice sociale. Par contre je crois fermement en l’intégrité, en l’honnêteté et en l’honneur d’une personne (alors qu’on entend souvent le mot « intégrité » dans les cercles engagés pour la justice sociale, l’honnêteté et l’honneur comme je les conçois me viennent de ma famille chinoise et de mon éducation. au passage, la notion d’« honneur » n’est jamais invoquée dans les mouvements pour la justice sociale, et je ressens clairement son absence d’influence sur les attitudes des militant.e.s).

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Les libertaires et le féminisme – Maria Lacerda de Moura

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Texte de la brochure :

Qu’on ne croit pas qu’aucune animosité ne me dresse contre l’anarchisme, bien au contraire. J’apprécie fort nombre de ses apôtres et c’est parce que cette idée possède toutes mes sympathies que je me décide à exposer — afin qu’ils se corrigent — quelques-unes des erreurs dans lesquelles tombent une multitude de ses propagandistes. Je me réfère ici au problème féminin et à la position prise par certains libertaires à l’égard de cette question.

Il existe un bon nombre d’anarchistes qui considèrent emphatiquement Kropotkine comme leur coreligionnaire et qui, en ce qui concerne l’esclavage sexuel et amoureux de la femme, sont encore dans les langes. Ils croient, les malheureux, qu’elle n’est ni ne doit être la maitresse de son corps mais que son rôle est de se soumettre aux caprices de l’homme, concrètement d’appartenir seulement et exclusivement à un seul homme. Ils ne se rendent pas compte que leur manière de voir est absolument la même que celle des partisans du mariage légal, religieux ou civil, étant donné que l’union monogame et la famille « indestructible » sont la base et le soutien de la Religion, de l’Etat et de la Propriété-Privée.

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Le « dévoilement » des femmes, une longue histoire française – Zhor Firar

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Lire l’article sur Contre-attaques

Texte de la brochure :

Il y a 12 ans, le 15 mars 2004 était votée la loi sur les signes ostentatoires à l’école, qui bannit le foulard des établissements scolaires secondaires et, par la même occasion, les jeunes filles qui le portent. Un dévoilement à la française promulgué par la loi faisant écho aux rituels coloniaux imposés aux « femmes indigènes ». Zhor Firar, militante associative et femme engagée, analyse ce « dévoilement à la française » du temps des colonies.

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Paroles d’établi·e·s en usine – Entretien réalisé par Mathieu Strale et Eva Deront

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Lire l’entretien sur le site de Contretemps

Texte de la brochure :

À partir de l’interview croisée de quatre ancien·ne·s militant·e·s belges qui travaillèrent en usine au cours des années 1970 et 1980 en Belgique dans le cadre de leur engagement politique, et en écho à la lecture de L’Établi de Robert Linhart, cet article s’interroge sur les similitudes et différences avec des engagements similaires en Belgique et sur les enjeux et enseignements à tirer pour les militant·e·s actuels.

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Au fil des lectures sur la condition ouvrière, un nom revient souvent : celui de Robert Linhart, sociologue français, engagé dans le mouvement maoïste des années 1970 et qui a pris la décision de s’« établir » dans une usine Citroën. Témoignage poignant sur la condition ouvrière, son livre, L’Établi (1978), entre en résonance avec des questions qui peuvent tarauder des militants marxistes ayant bénéficié d’une formation universitaire. Peut-on être utile et légitime si l’on n’est pas soi-même au centre de l’appareil productif ? Quelles stratégies de constitution d’un groupe ou d’un parti révolutionnaire des travailleurs, pour quels résultats ? Continue reading Paroles d’établi·e·s en usine – Entretien réalisé par Mathieu Strale et Eva Deront

Pourquoi vider les prisons est nécessaire – Gwenola Ricordeau

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Lire le texte sur The Conversation

Texte de la brochure :

La plupart des pays confrontés à l’épidémie de Covid-19 ont également rapporté des cas de contamination dans leurs prisons, faisant face à des situations parfois particulièrement tendues. Les sites, comme Prison Insider et l’Observatoire international des prisons permettent de suivre l’évolution de l’épidémie dans les prisons et les réponses qui y sont apportées.

En effet, au regard de ce qu’on sait des patients qui sont à risque de décès par coronavirus, les prisonniers apparaissent particulièrement vulnérables. Ils ont, en effet, des problèmes de santé qu’on rencontre habituellement dans une population âgée de 10 a 15 ans de plus.

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Faire corps dans un monde dévasté – Collectif Notre Corps Nous-Mêmes

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Lire l’entretien sur le site Terrestres

Texte de la brochure :

Le collectif « Notre Corps, Nous-Mêmes » publie une version entièrement réactualisée du manuel sur la santé et la sexualité féministe « Our Body Ourselves », paru en 1973 aux États Unis. Entretien avec deux membres du collectif, Naïké Desquesnes et Mounia El Kotni, à propos de réappropriation féministe des corps, des liens entre jardinage et auto-gynécologie et de villes sans travail domestique.

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A propos de Notre Corps Nous Même, Mathilde Blézat, Naïké Desquesnes, Mounia El Kotni, Nina Faure, Nathy Fofana, Hélène de Gunzbourg, Nana Kinsky, Yéléna Perret, Editions Hors d’Atteinte, 2020.

Propos recueillis par Coline Guérin et Léna Silberzahn.

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« Not all men », vraiment ? – Valérie Rey Robert

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Lire le texte sur Ballast

Le blog de Valérie Rey-Robert, Crêpe georgette

Un an après la paru­tion de son pre­mier livre, Une culture du viol à la fran­çaise, Valérie Rey-Robert, ani­ma­trice du blog Crêpe Georgette, sort aux édi­tions Libertalia son second essai : Le Sexisme, une affaire d’hommes. Il s’a­git là d’un « pari », ain­si qu’elle le for­mule : se dire que la vio­lence mas­cu­line n’est pas iné­luc­table. La vio­lence des hommes sur les femmes et des hommes entre eux. Chiffres à l’ap­pui, ils causent en effet davan­tage d’ac­ci­dents mor­tels sur la route, tuent et frappent davan­tage, meurent vio­lem­ment et se sui­cident davan­tage, rem­plissent les pri­sons à plus de 95 %, sont les prin­ci­paux res­pon­sables d’actes ter­ro­ristes et, bien sûr, repré­sentent l’im­mense majo­ri­té des per­sonnes res­pon­sables d’in­frac­tions et de crimes sexuels. Certain que la lutte contre le sexisme ne peut plus être l’af­faire des seules femmes, ce livre s’a­dresse volon­tiers aux hommes, à tous les hommes, et convie à repen­ser la viri­li­té comme sys­tème col­lec­tif. Nous en publions quelques pages, consa­crées au fameux mot d’ordre de défense mas­cu­line, « Not All Men » (« Pas tous les hommes ») : ne le pre­nez pas per­son­nel­le­ment et édu­quez-vous, demande ain­si l’au­trice. Continue reading « Not all men », vraiment ? – Valérie Rey Robert

Les mains, les outils, les armes – Paola Tabet

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(une version en plusieurs livret sera proposée, 68p c’est beaucoup !)

Texte de la brochure :

L’homme qui meurt
se change en jaguar,
la femme qui meurt
avec l’orage s’en va
avec l’orage disparaît.

Paroles nambikwara[1]

Il est en ethnologie un aspect de la division sexuelle du travail qui jusqu’à présent n’a pas été étudié globalement ni considéré convenablement : c’est celui des outils dont se servent hommes et femmes. La question est de savoir s’il existe une différenciation par sexe des outils ; si oui, quels en sont les caractères et quel est le rapport entre cette différenciation, la division même du travail et la domi­nation de l’homme sur la femme.

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Pour la décolonisation des imaginaires – Kelsi Phung

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Lire le texte sur Komitid

Son compte Instagram

Texte de la brochure :

A côté du mythe de « la minorité silencieuse », les normes de genre occidentales jouent un rôle dans le racisme anti-asiatique. L’artiste et militant.e vietnamien.ne Kelsi Phung détaille pour Komitid les difficultés qu’iel rencontre en France pour faire coexister son identité de genre et son identité vietnamienne.

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