Donnez-leur des pipes et du steak – Élise Desaluniers

Lien vers la brochure en pdf : Donnez leur des pipes et du steak

Texte de la brochure :

Au fil des ans, la Saint-Valentin est devenue une fête commerciale pour les femmes. Le 14 février, les couples célèbrent leur amour avec des bonbons, des fleurs, des cartes de vœux et d’autres petits cadeaux affectueux.

Les hommes ne veulent pas de bonbons. Les hommes n’ont pas besoin de fleurs ou d’ours en peluche. Il y a deux choses que les hommes veulent : un steak et une fellation.

Le 14 mars […], c’est la date officielle du Steak and Blowjob Day. Si un homme réussit à faire en sorte que sa femme se sent spéciale le jour de la Saint-Valentin, elle lui rendra la pareille un mois plus tard[1].

C’est ainsi qu’est annoncé le Steak and Blowjob Day, un événement aux origines incertaines, revendiqué par une poignée de sites Internet qui présentent la version « officielle » de la fête. Les questions de propriété intellectuelle ont bien peu d’importance. L’idée, c’est qu’il n’y a pas mieux qu’une entrecôte et une pipe pour rendre un homme heureux. Pour celles qui manqueraient d’inspiration, des recettes et des techniques sont proposées: la marinade de Michael Jordan, combien de temps faut-il faire cuire un steak, comment donner une fellation avec un pamplemousse, et on discute de l’importante question « avaler ou pas ». De quoi passer une belle soirée.

Viande et masculinité hégémonique

L’idée n’est pas neuve. Partout autour de nous, on nous montre des hommes qui carburent au steak et des femmes qui veulent maintenir leur poids santé avec de la salade et des yogourts allégés. Une image omniprésente que renforce un cliché empruntant candidement (et faussement) à l’évolution : les hommes préhistoriques étaient des chasseurs, leurs compagnes, des cueilleuses. Pendant qu’ils affrontaient le mammouth avec témérité, elles faisaient des bébés en mangeant des petits fruits. On retrouve bien sûr derrière tout ça le stéréotype tenace voulant que le sexe pour les femmes est un acte généralement peu agréable, mais nécessaire pour gagner l’approbation des hommes, s’assurer leur soutien financier et maintenir une relation stable[2].

Le bonheur des hommes se résume-t-il à un morceau de viande et à une partie de jambes en l’air? On peut évidemment critiquer, avec raison, l’idée que les femmes soient contraintes de cuisiner et de faire jouir leurs copains le 14 mars (ou n’importe quand). Mais il me semble que le fond du problème est ailleurs. Il réside dans l’étroite association entre la viande et une masculinité prédatrice et dominante. Ce rapprochement entre les corps féminins et la chair animale présuppose que tous les hommes veulent de la viande (et du sexe). De ce point de vue, il faut bien admettre que c’est tous les jours la fête du steak et des fellations.

Le magazine Summum – qui se targue d’être le magazine numéro pour hommes au Québec – publie chaque année trois numéros hors-série : maillots, Fast & Fuel et Bar & Grill. Au Salon de l’homme qui se tenait à Montréal en mars zoi6, on proposait des conférences « pour tous les goûts», à savoir « moto, tatouage, hockey, golf urbain, chasse, sensualité » (et tant pis si vos goûts incluent la danse contemporaine, la littérature ou le jardinage). Dès que les beaux jours arrivent, les livres de cuisine pour BBQ remplissent les étalages de librairies d’images de viande saignante et de corps musclés et tatoués. Qu’on se le dise : les vrais hommes mangent de la viande. Et pas n’importe laquelle: de la viande brute, cuite sur le grill, qui conserve son apparence crue et animale. C’est Max Lavoie, auteur du livre BBQ au Max (!), coorganisateur du BBQ Fest de Québec et copropriétaire des boutiques BBQ Québec qui, dans La Presse, résume le mieux le rapport de l’homme au charbon de bois : «Il y a un petit côté homme de Neandertal là-dedans. Ça fait 500 000 ans que l’on cuisine sur le feu. Les gars, au fond, on est un peu épais ; on aime ça quand il y a des flammes. Mais on veut aussi impressionner nos femmes ![3]»

Dans son ouvrage majeur La politique sexuelle de la viande, paru en 1990 et traduit en français en 2016, Carol J. Adams a bien montré comment la consommation de viande s’est imposée comme un symbole fort du patriarcat. La viande est en effet intimement liée à une certaine conception de la masculinité, au pouvoir et à la virilité. Dans nos sociétés occidentales, on considère que sa consommation est essentielle à la survie de l’homme. Le vrai mâle se doit de consommer la chair d’un animal puissant pour améliorer sa force physique. « Dans la mythologie de la culture patriarcale, explique Adams, la viande alimente la vigueur ; on acquiert les attributs de la masculinité en se sustentant de ces nourritures masculines. […] Les hommes sont puissants, les hommes doivent être puissants, les hommes ont donc besoin de viande. Le concept de la viande incarne une évocation littérale du pouvoir masculin[4]. »

La symbolique de la viande résonne aussi avec des attributs typiquement masculins : le courage, la puissance sexuelle, la richesse et le prestige. Ne pas consommer de viande, c’est courir le risque de voir sa virilité carencée. Une publicité de Hummer souvent citée en exemple met en vedette un homme qui achète du tofu au supermarché. À la caisse, celui qui le suit fait provision d’un stock impressionnant de viande. L’homme au tofu, visiblement angoissé, sort précipitamment du supermarché pour se rendre chez un concessionnaire Hummer. On le voit repartir, souriant derrière le volant de son nouveau véhicule en grignotant une carotte. Le slogan apparaît alors sur l’écran : « rétablissez l’équilibre[5] ».

Dans un épisode de Seinfeld, ce dernier accompagne une femme dans un steakhouse et tente désespérément de lui cacher qu’il ne mange pas de viande[6]. Plus près de chez nous, dans une pub de la Cage aux Sports, un jeune homme raconte en souriant que sa nouvelle blonde l’a convaincu de devenir végétarien. Il a complètement changé son alimentation et a découvert le soya et le quinoa. La chute ? « Ben c’est ça, on sort pus ensemble ». Image du burger prime ribs du resto et retour sur le jeune homme : « C’est-tu bon, un bon burger ! »[7]. Sympathie immédiate pour le jeune homme libéré de sa copine castrante qui le tenait loin des côtes levées. On l’aura compris, la pire chose qui puisse arriver à un homme, c’est d’être végétarien.

Quelques études valident cette association entre virilité et viande. En 2012, le psychologue Paul Rozin et ses collègues démontraient que nous associons psychologiquement masculinité et viande, en particulier la viande provenant de mammifères[8]. De l’avis des chercheurs, l’association reposerait sur des rapprochements entre « viande et force » et « pouvoir et mâle ». Si la consommation de viande est un symbole de masculinité, son refus est associé à un manque de virilité. La même année, Hank Rothgerber a mesuré l’attitude des hommes et des femmes envers la viande. Ses résultats montrent que les hommes ont tendance à nier la souffrance animale, à croire que les animaux sont inférieurs aux humains et à défendre l’idée qu’il est dans l’ordre naturel des choses de manger de la viande. Les femmes, quant à elles, utilisent des stratégies différentes : elles dissocient les animaux de la nourriture consommée et évitent de penser à leur traitement[9]. Rothgerber a aussi mesuré la corrélation entre masculinité et consommation de viande. Résultat? Plus les répondants avaient des scores élevés sur la Male Role, Norms Scale, plus ils consommaient de bœuf, de porc et de poulet, et moins ils consommaient de plats végétariens.

D’ailleurs, en 2011, Matthew Ruby et Steven Heine sont arrivés à la conclusion que les hommes végétariens étaient perçus comme moins masculins que les omnivores[10]. Plus récemment, Margaret Thomas a présenté de nouveaux résultats de recherche selon lesquels la masculinité des végétariens était perçue de façon équivalente à celle des omnivores, mais où le choix d’un régime végétalien était associé à un niveau de masculinité inférieur. Il est possible que la consommation d’aliments riches en gras comme les œufs et le fromage compense pour l’absence de viande. Aussi, puisque de plus en plus de personnes consomment des plats végétariens, la perception du végétarisme a aussi pu évoluer au cours des dernières années. Ce sont maintenant les véganes qui sont considérés comme extrémistes et efféminés.

Le type de masculinité en jeu ici correspond à ce que la sociologue australienne Raewyn Connell nomme la masculinité hégémonique. En effet, « dans l’idéologie populaire, la masculinité est souvent considérée comme une conséquence naturelle de la biologie masculine. Les hommes ont les comportements qu’ils ont à cause de la testostérone, de leurs gros muscles ou du cerveau mâle. D’un commun accord, la masculinité est fixée[11]. » Or, lorsqu’on valorise la masculinité hégémonique et son imagerie sous-jacente, on irrigue les sols dans lesquels pourront croître l’homophobie, la transphobie et le sexisme. Les vrais hommes mangent de la viande et s’ils ne le font pas, ils sont des faibles. Le tofu, c’est la viande des gais[12].

Une question de dominance sociale?

J’ai déjà écrit que l’entrecôte, c’est la nourriture de ceux qui ont atteint le penthouse de la chaîne alimentaire[13]. Des hommes blancs, cisgenres, hétérosexuels, des classes supérieures et en bonne santé. Selon la théorie de la dominance sociale développée par Felicia Pratto et Jim Sidanius, ces hommes maintiennent et légitiment leur place au sommet par des idées comme le sexisme, le racisme, l’homophobie, la transphobie, le conservatisme politique et les préjugés[14]. Plus une personne est portée vers la dominance sociale, plus elle adhère aux «mythes légitimateurs » qui lui permettent de maintenir sa place tout au haut de la structure sociale.

Il existe d’ailleurs des liens entre la dominance sociale et l’idée que les animaux sont là pour être exploités. En effet, les dynamiques sociales et les variables psychologiques qui permettent les inégalités chez les humains les rendent aussi possibles dans les relations humain-animal. C’est donc parce que les gens légitiment l’existence des hiérarchies sociales qu’ils peuvent adhérer à l’idée que les humains sont supérieurs aux animaux[15]. Des études montrent d’ailleurs que les conservateurs consomment plus de viande que les libéraux non seulement parce qu’ils aiment le goût de la viande, mais aussi parce qu’ils soutiennent le pouvoir établi et résistent aux changements de culture[16]. On a aussi de nombreux exemples de corrélation entre racisme et spécisme. Plus les gens perçoivent les animaux comme différents et inférieurs, plus ils se représentent certains groupes humains comme des animaux. Les enfants canadiens blancs ont davantage de préjugés envers les enfants noirs lorsqu’ils ont des croyances marquées sur la division humains/animaux[17].

Dans La politique sexuelle de la viande, Adams montre finalement que la consommation de viande place les femmes en situation de soumission : le pouvoir est entre les mains de celui qui amène la viande sur la table. Celle qui la cuisine n’a pas son mot à dire (pire, refuser de servir de la viande à son homme peut être perçu comme un manquement à son devoir conjugal au même titre que refuser le sexe). Dans la centaine de sociétés tribales observées par Peggy Reeves Sanday, les communautés végétariennes étaient plus égalitaires que celles où la viande était consommée[18]. En fait, tout au long de l’histoire occidentale, ceux qui ont eu le pouvoir ont consommé de la chair. L’aristocratie européenne s’empiffrait de repas gigantesques pendant que le prolétariat mangeait des légumes. « Les femmes, en tant que membres de deuxième rang de la société, sont davantage susceptibles de manger des denrées considérées comme de seconde catégorie par une culture patriarcale: légumes, fruits et céréales plutôt que viande[19].» Certaines auteures n’hésitent pas à poser la question : l’égalité entre les sexes est-elle possible tant qu’il restera des cadavres d’animaux sur nos tables ?

Des coqs à la théorie queer

Dans le sanctuaire qu’elle a fondé avec Miriam Jones à deux heures au sud de Burlington au Vermont, pattrice jones vit en compagnie de vaches, canards, colombes, oies, pigeons, moutons, émeus, perruches. Elles hébergent aussi des coqs de combat en réhabilitation. Dans ce « sport », les coqs sont entraînés à voir leurs semblables comme des prédateurs. On les force à se comporter « comme des hommes », ou plutôt de la façon dont les humains perçoivent la masculinité. Dans son texte « fighting cocks : ecofeminism versus socialized violence[20] », elle montre comment ces coqs sont les victimes innocentes du sexisme humain.

« Un des aspects les plus dommageables du sexisme, explique jones, consiste dans la confusion entre le sexe (mâle et femelle) et le genre (masculinité et féminité). Certaines personnes sont sûres d’elles, d’autres plus soumises. Certaines personnes sont braves, d’autres plus dévouées. Le sexisme assigne des caractéristiques au genre pour ensuite faire valoir que le genre est une expression naturelle du sexe. Ainsi, les filles qui sont sûres d’elles et les garçons dévoués ont l’impression qu’il y a quelque chose d’anormal[21] ». Le sexe est une réalité physique alors que le genre est un construit social. Sans doute ce construit social nous semble-t-il réel, mais force est de reconnaître qu’il ne s’agit que de normes maintenues en place par les membres d’un groupe social. Or, les normes sociales, précisément parce qu’elles ne sont pas naturelles, ont besoin d’être renforcées.

Ainsi, les animaux sont souvent utilisés pour justifier des comportements « masculins » ou «féminins ». L’observation sélective permet de trouver ce qu’on cherche dans la nature (et de ne pas voir ce qu’on ne veut pas voir, comme l’homosexualité ou l’attachement des mâles pour leurs bébés, par exemple). Pattrice jones montre bien comment on force les animaux à agir selon des stéréotypes de genre pour ensuite en faire des modèles de l’« ordre naturel des choses ».

Les coqs sont vus comme l’incarnation de la masculinité, de la force, de la bravoure. En anglais, un pénis, c’est un « cock». Selon jones, les hommes qui assistent à des combats de coqs y voient l’expression de leur propre masculinité et ressentent de la honte si « leur » coq montre des signes de peur ou refuse d’attaquer.

Pour en faire des animaux de combat, les éleveurs isolent leurs oiseaux dans des cages individuelles pour qu’ils n’apprennent pas à communiquer les uns avec les autres. On leur injecte des hormones et on les maintient dans un état de constante frustration. Mais ce que pattrice jones a compris et qui lui permet de réhabiliter ces oiseaux, c’est qu’ils se battent parce qu’ils ont peur, et non parce qu’ils seraient naturellement agressifs. Quand on leur apprend qu’ils n’ont pas à avoir peur des autres oiseaux, ils deviennent peu à peu sociables. La violence masculine est un construit qui peut être déconstruit. C’est aussi le cas pour la masculinité en général.

En 2012, Rasmus Simonsen a publié A Queer Vegan Manifesto[22], dans lequel il explique comment les structures symboliques et idéologiques de la consommation de viande se reflètent dans celles de l’hétéronormativité. En effet, l’hétéronormativité rejette les sexualités « déviantes » tout comme elle rejette les façons alternatives de se nourrir. L’homme hétérosexuel se nourrit de viande ; le refus de la viande implique un manque de virilité, et donc l’homosexualité. Il est normal d’aimer les femmes et de manger de la viande. Et comme c’est souvent le cas, cette norme se prétend « naturelle ». En ce sens, le véganisme et la théorie queer sont liés : ils critiquent tous les deux des normes sociales qui se prétendent naturelles. Les queers décatégorisent les genres et la sexualité, et remettent en question la norme hétérosexuelle. De la même façon, les véganes contestent la place centrale de la viande et la domination des humains sur les autres animaux.

Alors que Carol J. Adams suggère que refuser de manger de la viande, c’est prendre position contre la culture patriarcale, Simonsen va plus loin. La consommation de viande étant fortement liée à la reproduction des normes et pratiques hétérosexuelles, s’abstenir d’en consommer est aussi une façon de résister à l’hétéronormativité. On peut en effet penser que les différents gestes, comportements et habitudes spécifiques aux hommes et aux femmes se combinent pour créer une impression de stabilité des genres qui sert la construction hétérosexuelle de la sexualité[23]. Un homme qui refuse de manger de la viande refuse de se plier aux normes dominantes et perturbe le discours sur la sexualité masculine et l’ordre naturel des repas de famille. «En dénonçant le meurtre des autres espèces, les véganes tuent la joie de leur famille. Fini les Happy Meals », souligne Simonsen[24]. Les hommes véganes sont des trouble-fête. Dans « Feminist Killjoys (And Other Willful Subjects) », la féministe Sara Ahmed décrit bien la fragilité des repas familiaux, déstabilisés par les prises de position qui bouleversent l’ordre établi :

 

La famille se réunit autour de la table; c’est censé être une occasion de réjouissance. On travaille dur pour que ce soit une occasion de réjouissance, pour que la surface de la table soit lustrée afin qu’elle puisse réfléchir l’image de la bonne famille. Il y a tant de choses que vous n’êtes pas censée dire, faire, être, afin de préserver cette image. Si vous dites, faites, ou êtes quoi que ce soit qui ne reflète pas l’image de la famille heureuse, le monde est déformé.
Vous devenez la cause d’une distorsion.
Vous êtes la distorsion que vous causez. Un autre dîner gâché[25].

Mais pour démonter une structure, comme le dit pattrice jones, mieux vaut s’attaquer à ses joints. Le patriarcat et l’hétéronormativité peuvent-ils vraiment être remis en question en continuant de manger des steaks et en encourageant les femmes à montrer leur reconnaissance avec des fellations ?

Et si on célébrait plutôt le tofu et les 69 ?

 

[1] http://www.steakandbj.org/. Les traductions sont de l’auteure.

[2] Pour une petite histoire du désir sexuel chez les femmes, voir notamment Alyssa Goldstein, «When Women Wanted Sex Much More Than Men and How the Stereotype Flipped», Alternet, 19 avril 201.4, http://www.alternet.org/sex-amp-relationships/when-women-wanted-sex-much-more-men.

[3] Pierre-Marc Durivage, «Messieurs, à vos barbecues», La Presse, 6 juin 2016. http://www.lapresse.ca/vivre/dossiers/barbecuehoi6o6/o6/oi-4988872-messieurs-a-vos-barbecues.php.

[4] Carol J. Adams, La politique sexuelle de la viande, Lausanne, L’Âge d’Homme, 2016, p. 79-80.

[5] https://www.youtube.com/watch?v=1L4ZkYPLN38.

[6] http://www.seinfeldscripts.comfIbeWink.html.

[7] https://www.youtube.com/watch?v=ooZtOU9Bg5o.

[8] Paul Rozin et coll., « Is Meat Male? A Quantitative Multi-Method Framework to Establish Metaphoric Relationships », Journal of Consumer Research, vol. 39, octobre 2012.

[9] Hank Rothgerber, «Real Men Don’t Eat (Vegetable) Quiche : Masculinity and the Justification of Meat Consumption », Psychology of Men & Masculinity, 12 novembre 2012.

[10] Matthew B. Ruby et Steven J. Heine, «Meat, Morals, and Masculinity», Appetite, n° 56, 2011, p. 447-450.

[11] R. W. Connell, Masculinities, Berkeley, University of California Press, 1995; traduction de l’extrait sur le site http://dictionnaire.sensagentlepari-sien.fr/Masculinit%C396A9/fr-fr/

[12] Pour une analyse plus complète des modèles de masculinité liés à la consommation de viande, voir Jeffrey Sobal, « Men, Meat and Marriage. Models of Masculinity», Food and Foodways, vol. 13, n° 1, 2005.

[13] Élise Desaulniers, «Les vrais mâles préfèrent la viande — convergences du féminisme et de l’antispécisme », Françoise Stéréo, juin 2014, http://francoisestereo.com/les-vrais-males-preferent-la-viande-convergences-du-feminisme-et-de-lantispecisme-1/.

[14] Felicia Pratto et Jim Sidanius, Social Dominance. An Intergroup Theory of Social Hierarchy and Oppression, Cambridge, Cambridge University Press, 1999. À noter, les idées divergentes comme le féminisme, le socialisme et le multiculturalisme ont l’effet contraire, soit de chercher à réduire la hiérarchie sociale.

[15] Martin Gibert, Voir son steak comme un animal mort, Montréal, Lux, 2015, p. 210.

[16] Kristof Dhonta et Gordon Hodson, « Why Do Right-Wing Adhérents Engage in More Animal Exploitation and Meat Consumption ?», Personality and Individual Differences, n° 64, 2014.

[17] Ibid.

[18] Peggy Reeves Sanday, Female Power and Male Dominance. On the Origins of Sexual Inequality, Cambridge, Cambridge University Press, 1981.

[19] Adams, La politique sexuelle de la viande, op. cit., p. 68.

[20] pattrice jones, « fighting cocks : ecofeminism versus socialized violence », dans Lisa Kemmerer, dir., Sister Species: Women, Animals and Social Justice, Champaign, University of Illinois Press, 2011.

[21] Ibid., p. 54. À noter, le genre est (ou peut être) aussi,une performance sociale de la part du sujet.

[22] Rasmus Rahbek Simonsen, «A Queer Vegan Manifesto», Journal for Critical Animal Studies, vol. 1o, n° 3, 2012.

[23] Cette idée a été amplement développée par Judith Butler. Voir Gender Trouble. Feminism and the Subversion of Identity, New York, Routledge, 1999.

[24] Simonsen, «A Queer Vegan Manifesto », p. 56.

[25] Sara Ahmed, « Feminist Killjoys (And Other Willful Subjects) », S&F Online, vol, 8, n° 3, été 2010, http://sfonline.barnard.edu/polyphonic/ ahmed_oi.htm.

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